Les candidats face aux Sciences, ce n’est pas de la fiction

Les candidats face aux Sciences, ce n’est pas de la fiction

Que pensent les candidats à la présidence de la Science ?

La place des Sciences dans l’élection présidentielle 2017 reste en effet une grande question et reste une grande absente du débat. La Science nourrit-elle vraiment leurs propositions concernant les organismes génétiquement modifiés, la biodiversité, la vaccination mais aussi les énergies renouvelables ou le nucléaire ? Comment comptent-ils soutenir la filière de la Recherche ? Retour sur deux initiatives qui ont essayé de faire la lumière sur ces interrogations.

Questions de Science et de Technologie

« Nous, dont le métier est la recherche scientifique, sommes convaincus que notre avenir dépend aussi de la science et de la technologie. C’est pourquoi nous avons décidé d’interroger à ce sujet tous les candidats à la prochaine élection présidentielle ».

C’est en ces termes que le collectif des 100 scientifiques signataires du questionnaire à destination des candidats inscrit son initiative.

Hébergé sur le domaine de l’École Normale Supérieure, ce questionnaire, qui a mobilisé des personnalités scientifiques prestigieuses telles que des directeurs de recherche ou des académiciens, adresse aux candidats une liste de questions sur la place future qui sera accordée aux sciences et des technologies.

La liste des questions définitive est accessible en ligne. Organisée en 5 thématiques, le questionnaire sollicite les candidats sur les grands thèmes suivants :

  • « Santé et environnement », aborde des questions concernant la santé publique, la vaccination, les OGMs, la biodiversité etc …
  • « Énergie et climat » revient sur les questions des énergies renouvelables, du nucléaire, de la Taxe carbone, etc …
  • « Informatique et technologies » sur la place des sciences informatiques au lycée, d’attaques informatiques etc …
  • « Éducation scientifique » aborde les questions de vocations scientifiques, des formations des enseignants, etc …
  • « Recherche et innovation » soulève les enjeux de financement des projets, de l’attractivité de la filière etc …

Les réponses des candidats sont consultables librement sur le même site, dès qu’elles sont reçues.

Cette démarche pourrait en rappeler une autre, celle qui a eu lieu lors de l’élection américaine. En effet, l’ONG ScienceDebate.org avait essayé d’aider les américains à mieux comprendre les différences qu’il y avait entre les candidats à la présidence concernant leur position sur la science.

Quand Sciences et Avenir joue les médiateurs entre les scientifiques et les candidats

Sciences et Avenir a sollicité 5 scientifiques pour que les candidats à l’élection présidentielle répondent à leurs interrogations. La physicienne Claudine Hermann, l’astrophysicien Hubert Reeves, le généticien Axel Kahn, le médecin Jean-Claude Ameisen et le mathématicien Cédric Villani ont donc pu questionner les candidats sur l’écologie et l’énergie, la recherche et le développement, la cybersécurité et la robotique mais aussi le handicap. Pour ceux qui ont raté l’initiative de Science et Avenir, voici les grandes propositions formulées par les candidats lors de ce Grand Oral.

Concernant le financement de la recherche et l’autonomie des universités, François Fillion propose « une politique de soutien des start-up en adaptant le Crédit Impôt de Recherche », que « les universités fixent librement les tarifs d’inscription » et que « la haute fonction publique accueille d’avantage de docteurs ».

Interrogé sur l’intelligence artificielle, Benoit Hamon considère « qu’au lieu de craindre le remplacement de l’humain par la machine, il faut penser la coopération humain-machine ». Le candidat annonce la mise en place « d’une taxe sur les robots pour financer la protection sociale » comme y songe Bill Gates. Sur la question de la cybersécurité, il déclare que « la direction générale de l’armement (DGA) a encore du mal aujourd’hui à trouver des ingénieurs de très haut niveau, spécialisés dans l’analyse et la prévention des attaques informatiques. Pour répondre à ce besoin, nous devons débloquer des crédits pour la formation et l’enseignement supérieur, soutenir les écoles et les universités en pointe dans ces domaines ».

Sollicité par Hubert Reeves sur l’écologie, Emmanuel Macron assure que ce qui « se joue avec l’écologie, c’est la capacité de penser l’innovation de manière éthique ». Sur la question du mix énergétique, le candidat veut « poursuivre la réduction du nucléaire qui reste la capacité à produire de l’électricité décarbonnée la plus sûre ». Lorsque le sujet des difficultés budgétaires des universités a été abordé, Emmanuel Macron a répondu qu’il fallait instaurer « une prévision budgétaire quinquennale pour la R&D publique » ; tout en insistant sur le fait que la « R&D privée doit être intensifiée dans divers domaines tels que le numérique, les NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives) et la transition énergétique.

Toujours sur les questions environnementales, Marine Le Pen déclare que « se passer du nucléaire en même temps que des énergies fossiles est infaisable voire irresponsable » et que « dans ce nouveau paysage de l’énergie, un vecteur de stockage d’énergie, substitut de l’essence, du diesel et du gaz naturel est nécessaire : ce sera probablement l’hydrogène que l’on peut produire massivement à partir de l’électrolyse de l’eau ». La candidate veut que « les équipements de production d’énergies renouvelables soient fabriqués en France et développer des filières françaises puissantes afin que la transition énergétique soit synonyme de création massive d’emplois et d’activités économiques pour notre pays ».

Jean-Luc Mélenchon considère quant à lui que le « modèle actuel du tout nucléaire est une impasse », que « cette énergie doit être abandonnée » mais que « pour autant le parc nucléaire ne pourra fermer du jour au lendemain ». Le candidat annonce vouloir « préserver la biodiversité et, à l’horizon 2050, atteindre l’objectif de 100 % d’énergies renouvelables, l’objectif zéro déchet, et diminuer par 4 les émissions de gaz à effet de serre ». Jean-Luc Mélenchon annonce qu’il aidera « les agriculteurs dans la conversion vers l’agriculture biologique ».

La totalité des réponses des répondants sont disponibles en ligne.

 

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